Partager l'article ! Acharnement thérapeutique!: Madame, Il est clair que nous ne nous connai ...

| Juin 2012 | ||||||||||
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Madame,
Il est clair que nous ne nous connaissons pas mais l’irrespect dont vous faites preuve m’incite à utiliser la voie épistolaire puisque le moyen oratoire ne vous convient pas. Rhétorique de l’esprit qui dès lors que n’ayant plus d’impératif statutaire à vote égard, me paraissait la seule viable à votre encontre. Sans doute lirez-vous ceci comme un règlement de compte, mais sachez que si c’était réellement le cas je n’aurai certainement pas pris le temps d’écrire cette lettre. Le mépris et l’ignorance de votre égo aurait effectivement été une réponse plus approprié. Mais comme je vous le dis ce n’est point un règlement de compte. Il s’agit juste d’une mise au point relationnelle, un rééquilibrage, une affirmation positive du positionnement que j’ai à votre égard.
Alors je sais quasi certainement que vous prendrez cela comme l’interpellation vaniteuse d’un étudiant, qui du haut de ses petites connaissances se permettrait de juger. Et bien de fait il ne s’agit que d’un jugement et illustre en tout bien, tout honneur, le seul rapport humain que j’ai eu avec vous : la franchise, (bien que vous préférez la franche hypocrisie). Et cette voie me plait bien, aussi vais-je poursuivre, car la sournoiserie reflète une bien médiocre personnalité. Or vous préféreriez que l’on soit sournois, que l’on se dresse devant vous, sourire de façade marchande, obéissant à vos ordres, même quand ceux-ci sont impossible à effectuer de suite sous peine de laisser de côté des taches aussi voir plus importante.
Mais vous ne l’acceptez pas, du haut de votre formation intellectuelle (peut être devrai je dire formatage) tendance psychorigide, névropathe ? Vous ne pouvez même pas l’envisager. Vous confondez en permanence autorité et autoritarisme. Pour rappel, l’autorité est un rapport d’ascendance morale, l’autoritarisme est un rapport de descendance physique. Vous étiez ma supérieure c’est un fait statutaire que je ne contredis pas et contrairement à ce que vous auriez pu pensez que je n’ai jamais contredit. Mais cette autorité doit être traduite par des gestes et des paroles pour qu’elle soit effective[i]. Non pas par un degré de décibel, bien au contraire, dont la hauteur et le niveau serait inversement proportionné à l’impact émotionnel de celui sus visé. Mais vous ne pouvez comprendre cette modalité de fonctionnement. Pour vous, l’autorité c’est être autoritaire. Autrui, un moyen de passer ces nerfs. Combien de fois vous a-t-on entendu insulter des élèves, les traitant par exemple d’incontinents ou autre tentative de les rabaisser, presque de les humilier devant leurs camarades. Peut-être pensez vous qu’il s’agit de méthodes pédagogiques, mais elles proviennent d’un autre temps, passé et bien heureusement, bien que je sois en droit de me poser des questions, révolu.
Alors bien que difficile à prononcer et écrire, je me demande d’où vous vient se comportement « castrateur », quelle(s) frustration(s) quotidienne(s) produisent chez vous tant de ressentiment à l’encontre de vos, ne serait ce que, collègues. Mais il est vrai que bien qu’indispensable, vous en conviendrez, les assistants d’éducation ne restent qu’une variable d’ajustement de votre royaume, petite seigneure que vous êtes. Alors sortant vos grands chevaux, les naseaux fumant, le terme discipline arrive. Maitre mot explicatif, totalisant et totalitaire, argument infaillible censé induire le respect, sans que vous n’ayez pris le soin d’expliquer ses modalités d’application. Je ne suis pas doué pour l’art divinatoire et vous le savez aussi bien que moi, il s’agit d’un problème d’incompatibilité sur la méthode. Qu’il faille instaurer un minimum d’ordre est une chose, crier pour se faire comprendre une autre. D’autant que toute sanction et « gueulante » sans explication n’ont un apport pédagogique que très restreint. L’instauration d’un rapport de confiance étant sans doute plus adéquate, bien que plus long à mettre en place, qu’un rapport de crainte. Cependant, je ne remets pas en cause vos capacités de travail, ni même votre compétence à gérer les sections qui vous ont été attribuées, ou que vous vous êtes attribuées avec Mme XXXXXXXXXX. Même si je suis en relatif désaccord avec vos méthodes, je les acceptais car régissant le fonctionnement du collège, de manière imparfaite, mais ça fonctionnait…
Si je ne les remets pas en cause c’est que j’aurai aimé que l’on ne remette pas les miennes et quoi que vous pouviez en penser pour les cas qui nous concernent et pour lesquels, apparemment, j’ai commis de graves fautes, toutes les dispositions avaient été prises pour que le collège ne soit pas responsable, peu importe la procédure qui aurait été mise en route à notre égard. J’ai et j’aurais pris mes responsabilités. Enfin ces deux cas ne peuvent êtres les seuls pour déclencher une procédure disciplinaire à mon encontre. Je suppose qu’une animosité de longue date à mon égard vous taraude. Mais il est vrai qu’a certains égards, j’ai commis des fautes, non pas comme je disais en tant que cas particulier mais que si ces cas se généralisaient, je comprends que cela serait devenu invivable (que chacun des parents viennent chercher son enfant, etc). Mais contrairement à ce que vous avez l’air de croire, il ne s’agit pas d’une remise en cause volontaire de votre rôle hiérarchique.
Mais admettez le, votre gros problème réside dans l’absence de confiance que vous portez à vos collègues et votre hiérarchie fantoche, car sérieusement par moment à vous voir on est en droit d’avoir de sacrées crampes d’estomac, ne repose que sur une construction intellectualisé d’un rapport de force, je l’ai déjà dit. Persuadé de votre raison, peu apte à une remise en cause de vos méthodes, vous rayonnez tel un faisceau de lumière. Vous vous renseignerez sur l’étymologie latine de ces mots et j’espère en tout cas que vous n’érigerez pas cela en tant que système politique. Oui, lumière incandescente, pétri d’universalisme, filament fragile dont la dureté apparente n’a d’égale que la fragilité et piètre estime que vous vous portez. Pensez vous vraiment que ce soit sain ? Vous vivez dans des chimères. Désolé d’avoir à vous le dire. Et ce côté totalitaire de votre pensée, doublé de mépris, de sournoiserie. Vous ne restez qu’une gamine en quête de reconnaissance, qui n’accepte pas la contradiction et a tendance à infantiliser ses rapports humains notamment avec les assistants d’éducation. Pour le reste, je reconnais ne pas savoir, mais vous n’êtes pas des plus souriantes…
Enfin je pourrais encore me fendre d’un dernier paragraphe qui serait loin d’être inutile sur les causes inconscientes de votre comportement, les traumatismes qui vous ont conduit à adopter une telle ligne de conduite. Car votre comportement ne peut être qu’une réaction refoulée d’un problème donné. Sigmund F. ne pourrait que confirmer. De même les instances de socialisation que vous avez pu rencontrer au long de votre jeune vie n’ont pas du être les plus adéquates à vous aider et à prendre en compte vos problèmes frustratoires. Permettez-moi juste de me poser des questions. De ne surtout pas prendre cela comme de la vanité ou un quelconque affront, c’est juste une analyse personnelle pour essayer de comprendre pourquoi et comment vous en étiez arrivé à une telle absurdité comportementale qui en dernier recours vous dessert complètement.
Il est vrai que le début de cette lettre est plus vindicatif, et montre un sentiment acerbe, puis finalement je me suis dit, que plus qu’une rancœur à votre égard, je devais plus avoir pitié de vous. Il ne s’agit pas d’insolence juste d’une explication honnête, de ma manière de vous percevoir. Sans doute votre égo niaisera ces quelques lignes mais peu m’importe tant que vous les avez lues. Vous poursuivrez votre chemin lumineux, faisceau transalpin, trop sûre de votre égo. Construction sociale fallacieuse, déprimée et remplie de frustration.
Voila cela n’est pas exhaustif, je te laisse le soin du reste de l’introspection car tu en as à priori bien besoin. Ne recevez pas mes respects et considérations les plus affirmées.
[i] . De ce point de vue je ne saurais que trop vous conseiller de lire l’Acteur et le Système de Friedberg et Crozier