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| Juin 2012 | ||||||||||
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Lettre à Monsieur N. Sarkozy de NagyBocsa
Monsieur le président de la république française,
Vous avez été récemment élu président en vertu du suffrage universel direct, choix de mes concitoyens qui n’engagent qu’eux même et pour le quel je n’ai pas à polémiquer. Je pourrai développer sur l’accaparement et la mainmise que vous aviez par copinage avec la plupart des médias privé (ainsi on ne rappellera pas que vos amis messieurs Lagardère, Bouygues, Arnault et Dassault détiennent plus de 80% des titres de presses et télévisuels); que vous avez été élus par vos collègues candidat officiel de l’UMP avec un score massif (85,1 % des adhérent ump votant, sic), ajouté à cela que vous étiez le seul à vous présenter, les autres candidats à ce poste étant évincé ou encore huée (on repensera à Madame Alliot Marie) ce qui fait de vous il est vrai le plus parfait des démocrates. Mais c’est vrai politiquement, vous êtes plus proche des républicains, peu importe la démocratie. Donc un républicain, représentant de la chose publique.
Mais vous le savez et vous l’avez appelé de vos vœux stigmatisant ainsi la plupart de ceux qui s’exprimaient différemment de votre vision de la gouvernance, vous êtes un républicain convaincu. Vous l’avez rappelé plus d’une fois dans vos discours louangeant la république française, la république des idées et taxant facilement vos opposant d’anti républicain. Et bien je me présenterai comme tel. De votre vision moralisante de la république j’espère que vous accepterez que je m’en démarque. En effet, plutôt que de me réfugiez dans des théories tant platonicienne que bodinienne, je préfère m’attacher aux vertus étymologiques des objets théoriques, pour moi plus parlante et laissant à chacun la flexibilité de sens que tout un chacun peut s’en faire. Ainsi, vous le savez la république c’est la res publica, la chose publique. La plupart des théoriciens en ont vu un modèle de gouvernance, dans votre cas le terme régence ne devrait pas vous choquer, bref une gouvernance dont la souveraineté est obtenue par le consentement citoyen, s’opposant ainsi au fonctionnement monarchique et l’élection de droit divin associé qui accorde à la destinée des vertus prescriptives et directives, pour ne pas aborder votre concept fallacieux de déterminisme génétique (on se croirait revenu à de sombres heures de notre histoire récente).
Aussi la chose publique peut être protéiforme mais elle s’accorde à légitimer un gouvernement ainsi que le chef de l’exécutif, l’exécutant, le bourreau pour aller vite. Le bourreau de ceux qui n’adhère pas à vos valeurs. D’ailleurs la cavalerie a déjà commencé son travail. Les arrestations suite à votre adoubement, la répression qui s’en est suivit ainsi que les peines disproportionnées. C’est bien la première fois que des personnes aux casiers judiciaires vierges prennent du ferme (jusqu’à 6 mois si je ne me trompe pas) pour avoir envoyé des canettes en aluminium (non pas en verre) sur des forces de l’ordre un tantinet provocatrices (on se souviendra du tabassage en règle de cet ingénieur) qui répondaient au gaz lacrymogène. Deux poids, deux mesure, l’aluminium est plus dangereux que les gaz lacrymogènes qui amenèrent certains à des arrêts de travail le lendemain. Mais il est vrai vous êtes donc avec vos collègues les plus parfait démocrates, ceux qui s’attache à la liberté d’expression de toutes les franges de la population, surtout celles qui ne sont pas d’accord avec vos idées. Et vous pouvez parlez d’extrémisme et de radicalisme, « c’est celui qui dit qui est » comme le dit cette adage enfantin. Bref, votre régence commence bien.
Mais il est vrai que l’on était prévenu, vous l’aviez dit vous êtes le tenant d’une droite décomplexée et navigant sur le terrain des idées. Cependant, si l’on s’en tient au fait que la majorité de la population s’informe par médias télévisuels, la normalité des idées n’a pas du être pour vous la plus dur à imposer. Vous savez Martin, un des invités de votre mariage, dirige par directoire interposée la plus grosse et grasse entreprise audiovisuelle européenne, et il est vrai que le journal le plus regardé de France est un exemple de neutralité et d’expertise journalistique, qu’aucune connivence n’est perceptible et mis à part l’image dynamique, celle de jogger est au final l’information la plus importante qui nous est parvenu (sans trop de mauvaise foi).
Bref Nico, vous êtes un leader. Leader d’opinion et roi de la démagogie, et vous avez beau véhiculer l’image d’un pragmatique, l’optique philosophique n’est pas votre fort. Et oui, les sciences humaines ne vous conviennent pas. Manque de débouché, élève turbulent et reclassé, mauvaises filières en somme qui ne satisfont pas aux exigences du Marché, cette mystification de l’intéressement. Mais il est vrai s’intéresser au social prend du temps, et la rapidité conjoncturelle de l’expression médiatique n’est structuralement pas viable pour l’enquête sociologique. Il est vrai que le scientisme dont vous faites preuve se trouve dans une relative mesure d’incapacité à se projeter en dehors de l’immédiateté biologique, celle régit par les sciences « dures ». Le déterminisme génétique que vous évoquiez dans cette entrevue avec le philosophe Michel Onfray n’est il pas au final le rejet massif d’un déterminisme social que vous haïssez tant, tellement vous vous y sentez intégré. N’avez-vous pas entamé une carrière d’avocat comme votre mère, reproduction oblige. Aussi, le besoin de se sentir bien-pensant, à construire l’idéal du soi dans un rapport biologique aux autres construit une satisfaction personnelle inversement proportionnée à l’accomplissement social. Tout est relatif mais reconnaissez la consanguinité profonde que procure l’agrégation des microcosmes sociaux de l’ouest parisien (je vous laisse le soin d’y inclure les villes et arrondissements que vous voudrez). Finalement la seule explication biologique qui conviendrait, bien qu’éminemment sociale, c’est que vous êtes fondamentalement névrosé. L’ouverture que vous prônez reflète parfaitement la fermeture d’esprit qui vous taraude et l’universalité prétendue de votre pensée ne concerne que votre monde, votre représentation de l’imaginaire collectif.
Alors revenons en à votre cheval de bataille, celui qui vous fait vibrer et que votre désir d’imposer révèle le pathologique qui vous habite. La morale et la norme sont deux termes que vous semblez assimilez l’un à l’autre ( et réciproquement) de manière incroyable. Pourtant ce sont deux termes éminemment différents et qui participent cependant de manière indissociable à la structuration de la personnalité. Par morale on entendra l’expression des valeurs et par norme l’arbitraire commun nécessaire à la vie collective, imposé de l’extérieur et partagé par tous comme une règle neutre (car nous l’avons dit arbitraire).
Simplement et je ne m’étendrai pas sur le sujet, l’ambivalence de votre propos résonne au final comme de la rhétorique économique appliqué au domaine politique mais n’en doutons point cela reste logique. En effet, aussi absurde et inadéquate que cela puisse paraître vous ne souffrez pas de confondre les genres abordant le tout et son contraire dans un élan d’empathie (on pensera aux vœux de la nouvelle année) et d’inconscience éthique (on pensera aux vente d’armes de cette fin d’année 2007). Alors votre volonté de « moraliser » le capitalisme financier on sait que l’on peut se la foutre au cul. La grandiloquence de votre verbe ne cache en rien l’inaction et l’absence de résultat de votre politique, mais continuez comme cela, a trop nier la réalité, Icare s’est également brûlé les ailes, se vautrant lamentablement. En effet de l’ « état de grâce », cher aux journalistes peu critique, à l’état de farce et de spectacle tel que vous nous le proposez il n’y a que peu de différence.
Préoccupé plus par le côté glamour de votre ego que par les véritables préoccupations sociales de vos concitoyens vous déambulé sur tous les terrains, délaissant à vos ministres le soin de pâtir des conséquences de votre action. Ils sont cependant volontaires, sans doute pour les raisons statutaires que l’on sait (train de vie et pérennité financière ultérieure), aussi je ne les défendrai pas. Mais reconnaissez là votre action.