Samedi 25 mars 2006 6 25 /03 /Mars /2006 02:05

"Donnez ce pouvoir à l'homme le plus vertueux qui soit, vous le verrez bientôt changer d'attitude. Sa fortune engendre en lui un orgueil sans mesure et l'envie est innée dans l'homme: avec ces deux vices, il n'y a plus en lui que perversité; il commet follement des crimes sans nombre, saoul tantôt d'orgeuil tantôt d'envie."

Extrait : Choix d'un gouvernement, Livre III, 80 . in l'Enquête d'Hérodote, Vème siècle avant notre ère.

Par Michel - Publié dans : lesmichels
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Mercredi 22 mars 2006 3 22 /03 /Mars /2006 21:06

Et pourquoi pas quelques solutions ?...

 

E bien être de la planète Terre comme objectif primordial, au dépens du luxe et du raffinement de leur prétendue civilisation, au dépens du bien être des Hommes c'est-à-dire le refuge dans les biens matériels.

Sur la démocratie, ce moins pire des régimes, si des gouvernement doivent être élus, il doivent aussi rendre des compte au peuple qui les a élu, un vote de confiance doit être fait régulièrement entre les échéances électorale classiques, ce vote ne doit pas porter sur le gouvernement directement, mais doit postérieur les différents domaines de la politique d’un pays : politique de sécurité intérieure, économique, politique extérieure et bien entendue sur le projet de société que sont censé porter les parti politiques. D’autre part des projets locaux doivent être mener par les habitants et non par des technocrates. Il n’y a que sur le plan local que l’autogestion et la démocratie ne peuvent être mises en pratique, et non à grande échelle. La nation n’existe pas, mais sa construction politique est un fait. Une politique nationale n’a donc pas de sens, mais la nation existant dans les faits en terme de pays, notion qui ne sera détruite uniquement par une insurrection mondiale (…), il est nécessaire de la prendre en compte.

Le rôle majeur de l’état est de notre point de vue le contrôle de l’économie les choix de vie devant rester strictement individuel.

Sur les sujets polémiques, comme par exemple les OGM, le droit du travail et autres des commissions citoyenne doivent être mises en place, ne regroupant pas des " experts indépendants ", mais des citoyens ayant volonté de s’informer sur un sujet et ensuite de donner son avis. Or, pour cela il faut du temps, c’est en cela qu’il faut réduire le temps de travail, pour laisser la temps au citoyens de s’informer, non pour partager le travail. D’autant plus que dans l’état de surproduction, il n’est nécessaire de produire d’avantage.

D’un point de vue de la politique économique, la chasse à la croissance ne doit plus être un but en soi, toujours du fait de la surproduction, je renvoie à toutes les initiatives et aux arguments liés au concept de décroissance.

Pour une politique de la science humaine et pas du scientisme : la médecine pour soigner des malades et non pour maintenir en vie des être humains à l’état de légumes, la première source e profit pour les instituts médicalisés privés ; la recherche fondamentale au service de ce type de médecine et non pour un programme de défense militaire ; la mort pour le scientisme social.

Je m’efforcerais de développer cette idée un peu plus que les autres. Premièrement il s’agit de ne plus considérer une société comme un être vivant, cesser d’avoir une vision organique des interrelations entre individus du fait que les individus ont une volonté propre, donc des comportements imprévisibles (et non irrationnels), la sociologie n’est pas et doit jamais être un outil de politique sociale, car dans ce cas cette science à part entière ne servirait qu’à reproduire des schémas existants et démontrés, pour mieux les justifiés " scientifiquement ", c’est-à-dire expliquer que les conséquences d’une morale économique et d’une politique sociale en sont les causes et donc s’entêter dans l’erreur, pour mieux produire les outils de leurs propres destructions. Contre l’utilisation de la sociologie, de la psychologie des individus et des foules à des buts marketing, électoraux, mais comme compréhension du monde actuel, un compréhension non généralisante car, comme déjà dit, les comportement individuels, dont dépendent ceux des masses sont imprévisibles. Un mot sur l’histoire en tant que science, elle ne doit pas faire l’objet de lois mais de débats permanents à propos des faits connus et de recherches tout aussi permanente sur les faits moins bien connus (par exemple la guerre d’Algérie ou la collaboration durant la seconde guerre mondiale, en particulier des industriels), le reste et le gros du travail étant la compréhension de l’agencement entre les faits.

Revenons sur l’économie, dans son acceptation première : la gestion de la maison, nécessaire à toute forme de vie en société. Les échanges sont de toutes sortes et ne peuvent tous être monétarisés.

Les connaissances acquises depuis des siècles dans tous les domaines doivent devenir patrimoine humain, leur diffusion est nécessaire au développement personnel de tout être humain, doit être gratuite mais cette dernière ayant un coût (livres…) elle doit être entièrement pris en charge par la société, le financement est discuté plus loin.

Les progrès médicaux, dans son acceptation la plus large, ne doit procurer aucun possibilité de profit autre que celui de guérir ou de soulagé la douleur, dans les termes déjà énoncés.

Sur l’organisation du travail.

Un principe fondamental doit être appliqué, celui qui ne produit rien, en tant qu’individu, ne peut prétendre à aucune forme de rémunération. Sont donc visés : les actionnaires spéculateurs, les rentiers, l’ensemble du système bancaire.

Devenir son propre patron ? non. Devenir auto suffisant, comme condition sine qua non à la liberté de chacun. Ce qui signifie une certaine autarcie, une production destinée à une consommation privée et non à l’échange commercial, notamment concernant la nourriture et le vêtement, unique manière de résister aux groupes de l’industrie agro-alimentaire, et donc abolir le chantage à la famine, les problèmes de surproduction.

Le démantèlement de toutes les grandes agglomérations est le pendant obligatoire du paragraphe précédant, nous ne pouvons produire chacun notre propre subsistance dans un environnement urbain. Le phénomène de ville suppose que les campagnes nourrissent les villes, ce phénomène se produit actuellement à un niveau planétaire.

La question de l’énergie, commençons par limiter les consommations inutiles : comme les immeuble de bureaux éclairés 24/24, 365 jours par an pour des raisons de sécurité, les placards publicitaires électrifiés, les monuments illuminés, la climatisation et le chauffage inutile comme des habitations chauffées collectivement à plus de 25°C. Des chocs thermiques trop forts entre intérieur et extérieur sont propices aux maladies…

Le financement de toute action étatique doit se faire sur le capital et non plus sur le travail. Plus précisément sur la spéculation : l’achat et la revente à court terme et profitable d’une partie d’un moyen de production.

 

 

 

Par Michel - Publié dans : Quelques solutions...
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Mercredi 22 mars 2006 3 22 /03 /Mars /2006 20:27

 

 

Nous, on n’en parle pas. Les vivants et les morts chez les manouches.

de Patrick Williams

 

 

Il est des sociétés dont on ne parle pas, non pas qu’elles soient secrètes, mais plutôt silencieuses. La société manouche en fait partie : Silencieuse vis-à-vis de nous " gadjé ", silencieuse dans leur rapport au monde, à la nature, à l’universel… Bien sur, elle respecte les lois du territoire sur lequel elle évolue, pour s’intégrer au moins légalement. Elle n’en définit pas moins, en son sein, un ensemble de normes et de valeurs intériorisées par ses membres. Cela pour faire valoir leur identité propre, rejetant celles qui définissent les gadjé. Cette rupture face au monde extérieur impose de fait une binarité exclusive : il y a les Manus et le reste. Cette distinction entre le réel manouche et le virtuel gadjé impose une forme de mutisme réciproque qui donne un double sens au titre de l’ouvrage : " Nous, on n’en parle pas ". Qui ne parle pas ? De quoi ? à qui ? Pour qui ? Est-ce les Manus qui s’imprègne de silence vis-à-vis de certains aspects de leur société ? Vis-à-vis de l’ " extérieur " ? Ou est ce les gadjé qui dans leur grande majorité oublient l’existence de " camping " manouche ? Le " nous " réside dans l’ambivalence du positionnement de l’auteur, gadjo pleinement intégré par une communauté manouche et qui dévoilant au gadjé l’existence silencieuse des Manus, en fossoie son fonctionnement. Mais laissons pour le moment les critiques formelles et attachons nous a cette interrogation fondamentale qui justifie l’ouvrage : Qu’est ce qu’un Manus ? Une entité vivante ou morte dans une communauté, une communauté dans le monde des gadjé , et… qui tient à s’en démarqué.

Avant tout il faut préciser le cadre spatial et historique dans lequel l’étude a eu lieu. Parce que chaque communauté est unique et a ses propres règles, il faut préciser sa localisation. En effet bien qu’il existe des ramifications entre communautés, chacune a son existence propre, tout comme leur évolution. " Ainsi, il forme une entité spécifique [...]et possèdent certains traits culturels qui les distinguent "(Page 4).

Dans le cas présent la population regroupe les familles dont " l’aire de circulation habituelle se limite à la Limagne d’Allier et aux Combrailles (Page4). " Enfin, les corpus d’informations ont été observés et acquis entre les années 1980 et 1990, importante période d’évolution structurelle de la société Manouche, des activités. Il n’en reste pas moins qu’en dépit de cela, l’idéal Manus reste intact, s’adaptant à leur environnement, de façon créative en gardant l’aspect rituel. " Ce qui importe n’est pas tant le contenu de ces gestes rituels que la possibilité de les incorporer à toutes les circonstances de la vie quotidienne."(page 78) (Pour plus d’information, lire l’ensemble du chapitre 4, Les vanniers sont devenus ferrailleurs).

  

Il semblerait, si l’on devait choisir le synonyme le plus proche du terme Manus, que celui de " respect " (pas forcément dans sa dimension " mulle ") en soit un équivalent nécessaire, tout du moins souhaitable. En effet, un Manus est avant tout une entité respectueuse de l’Univers. " Univers " dans sa conception la plus totale, mais qui pour nous, gadjé, nécessite l’adjectif manouche. Respectueux donc de " l’Univers Manouche ", étant donné la dissociation conceptuel qu’occupent les termes selon l’optique Manus ou gadjé.

(Page 60-63). Cet " Univers " doit être considéré comme une unité propre et indistinctible que le Manus doit, par essence, par " nature ", ressentir. C’est ce qui fait de lui un Manus. Cette sensation d’intégrité dans le monde est la condition d’existence Manus. C’est cette emphase qui fait la valeur Manus. Elle passe par le silence. L’intégrité Manus est le silence. En effet, chaque Manus est censé ressentir l’Univers manouche. Rompre le silence sur ce sujet serait assimilé à une remise en question de cette emprise de l’Univers sur l’individu, de son statut Manus, de sa spécificité. On devient alors, au moins l’espace d’un instant, un Ialo, Manus en voie de gadjé-tisation. Cet Univers est un mode d’évolution parallèle au " notre ", parfois superposable, jamais assimilable. Bien que " Tout " indissociable, cet univers intériorisé comme tel, et par la même vecteur de l’unité communautaire Manus, définit les comportements individuels dans leur rapport aux choses du monde manouche : rapport aux morts, à la nature, au cosmos...(Comportements que nous esquisserons par la suite). De ce fait, puisque " eux, ils n’en parle pas ", la plénitude Manus n’est atteint que si l’individu manouche respecte les idéaux Manus dans le rapport symbolique qu’il a à ses actions. Et de fait seul lui le sait. Ainsi, l’identité sociale qu’il émet ne peut être pleinement perçu par les autres comme Manus. Il y a toujours un rapport d’incertitude, de jugement réciproque. Finalement, seul l’individu sait si, à un moment donné, il est Manus. Il est le seul à connaître le sens de ses actions, la mesure de son imprégnation dans l’Univers Manus. C’est cela qui fait la distinction entre le Manus vivant (qui donne du sens symbolique à ses actions) et l’homme ( le manouche vivant quand il n’en donne pas), entre le manus (qui appartient a la communauté) et le gadjé. La distinction se fait dans la possibilité et l’effectivité du sens Manus donné aux actions. Aussi l’existence Manus est celle d’une communauté silencieuse, non pas dans les rapports sociaux, mais sur la condition même de son existence. Mais silencieusement ne veut pas dire de manière irréfléchie. Etre Manus, c’est mener une réflexion perpétuelle sur son rapport aux autres ; aux morts et aux vivants, constitutifs de la communauté manouche, aux pirde et autres gadjé. A la perception de l’espace, des lieux mullo ou non (mullo : respect que l’on doit à un mort), ainsi que des objets mullo ou non.

 Essayons maintenant de développé, l’ensemble flou qui vient d’être énoncé ci-dessus, en prenant la relation qu’ont les Manus vivants avec les Manus morts. Cette relation est pleinement constitutives du rapport et conception de leur univers référentiel.

 Toute la première partie du texte de Patrick Williams exprime cet échange respectueux entre le monde des morts et le monde des vivants. C’est l’ensemble du processus évolutif de l’accompagnement du défunt à son statut pérennisé et hors du temps des Manus. Quant un décès intervient, ses proches (tout du moins ceux qui se considèrent comme tel) entrent en période de deuil, favorable à l’élaboration d’une mémoire intime.

  

Dans ce cercle, le silence règne, chacun étant en accord avec lui-même pour définir son temps de deuil. Sans prévenir, ni énoncer de raison, un individu peut rompre ce silence. Nous verrons de suite sous quelle condition. Les autres membres de la communauté, hors du cercle, évoquent ouvertement sa mémoire. Donc avec le temps, on assiste à un essoufflement de l’évocation collective, tandis que les membres du cercle, peu à peu, sorte de leur mutisme, à condition d’agrémenter toute diction du nom du défunt, d’une formule d’usage. " Ex : mon pauvre défunt Kalo ". En arrivant par la suite à supprimer son nom. " Ex : mon pauvre défunt frère ". En effet, avec sa mort, le défunt a perdu son nom Manus, laissant pour la pierre tombale son nom gadjé. Ainsi, chaque Manus de la communauté à le devoir de retenir son nom, sans le citer. " C’est par respect que les morts ne sont pas évoqués ou qu’on ne les évoquent qu’avec d’extrêmes précautions " pour ne pas risquer de se tromper à son propos " te na xoxap ap leste ". On ne cite plus le nom. Tout le monde est censé le retenir. Personne n’aura la certitude que les autres l’ont bien retenu. Mais c’est en le retenant pour soi qu’on accompli son devoir Manus, respecter les morts en est une condition essentielle. Cela passe aussi, par le respect des biens et objets du défunt qui deviennent mulle. On les détruit ou on les vends sans bénéfices. Ou bien on les garde précieusement sans qu’un tiers ne puisse salir l’honneur du mort, en les utilisant mal. De fait s’instaure une relation respectueuse avec le monde des morts. Mort qui forme l’âme même de la communauté Manus, la caution morale. Ainsi, si dans une discussion, on prononce le nom d’un mort, cela prouve la véracité de ce que l’on dit. On ne salirait pas son honneur par un mensonge. Comme pour les lieux de décès, les mulengre placi, qui cessent d’être visité toujours par respect des morts.

C’est dans la communauté manouche étudiée, l’indicateur d’évaluation des autres manouches. Le degré de respect d’un individu vis-à-vis de ces défunts définit son intensité Manus.

Voici donc un exemple primordial du rapport des Manus à l’univers. C’est avant tout le respect. Respecter tout les attributs matériels, moraux, sociaux, qui font l’identité Manus. C’est en cela que l’intégration de l’individu se fera, et restera au-delà de sa disparition corporelle. Bien sur, l’exemple est représentatif mais aucunement exhaustif. Patrick Williams en aborde bien d’autre, statuant plus précisément la place des Manus dans le monde naturel, c'est-à-dire celui des confrontations culturelles (avec les gadjé). Il semble intéressant de finir par le dernier paragraphe du livre (Page 104) :

" Les Manouches ne peuvent jamais se trouver livrés à la vacuité. Ils vivent au sein d’un monde plein. D’introduire le vide les instaure. Quand on sait que n’importe quel objet peut être mullo ou non, et que ca ne se voit pas ; que n’importe quel endroit peut être mulengre placa ou non, et que ca ne se voit pas ; que n’importe quel attitude peut être un hommage aux morts, mais que rien ne le permet à coup sur…on sait que toute chose peut à la fois être ce qu’elle à l’air et autre chose. Cajxi. Un Manus peut être à la fois un manus et un homme ordinaire, un homme comme tout les hommes. Seul le mort est un Manus qui ne peut être que Manus. Mais de lui très vite on ne sait plus rien dire ".

Mais il serait dommage de finir, sans un petit mot sur l’auteur et surl’ouvrage en question.

 

 

 

Patrick Williams est chercheur au CNRS. Il fut directeur de recherche de la section laboratoire d’anthropologie urbaine.(1995- 2002). Il semblerait que son parcours autobiographique l’ait amené à rencontré puis s’intéressé à l’ensemble de la communauté tziganes, notamment dans son versant musical ( Django, 1991 , conférences sur le jazz et l’anthropologie)ou/et sociétal(" Mariage Tziganes ",1984). Dans le cadre, de " Nous on n’en parle pas ", la démarche compréhensive de l’auteur s’inscrit dans une logique d’interactionnisme symbolique. Courant de recherche qui dans le cadre des manouches semble être le seul valable. De plus étant donné, à l’époque et actuellement, le peu de donné empirique sur ces sociétés " parallèle " à la " notre ", le travail de Patrick Williams vient comblé un grand vide. C’est, en effet, un des spécialistes, en France, de l’anthropologie tzigane. Que ce soit son versant urbain ou rural.

A la fois sociologie Manus et anthropologie d’un gadjo sur les Manus, cet ouvrage s’inscrit dans cette logique compréhensive des symboles de la communauté Manus, en l’occurrence du massif central. L’apparente complicité qui lie l’anthropologue à ces communautés constitue à la fois la force et la faiblesse de l’ouvrage. Une force car plus que participante, le rapport intime qu’il créé avec les gens, approfondit l’immersion, donc la compréhension de la société. Cette étude de la confidence lui permet contrairement a beaucoup de gadjo de dire " Bin, moi, j’en parle ", ce qui est remarquablement salutaire vu l’appréhension souvent négative que nous pouvons avoir des manouches. Force d’exemple permette de comprendre la logique fonctionnelle de ces sociétés, et bien sur de les apprécier dans leur différence.

Cela dit, la forme littéraire du texte laisse apercevoir la volonté de ne pas trop trahir la confiance que lui ont accordé les manouches, ce qui nuit peut être à la rigueur du texte, du moins dans l’appréhension qu’on en a. Il donne l’image d’un auteur sincère, rigoureux (dans son plan et ses exemples) mais subissant une certaine forme de coercitivité. Certain diront que j’écris sous l’influence d’une coercitivité gadjé. Peut être ! Mais je ne fais que remarquer, la véritable critique vient après. De fait, cet exposé permet la compréhension culturelle de cette société. En cela, il la trahit. Le fait de permettre de dire au gadjo de dire " nous, on en parle " constitue en soit une " trahison " à la confiance accordée. Elle laisse en effet entrevoir l’identité Manus au gadjé et de fait la réduit. " Pour que la civilisation manus soit totale elle ne doit pas être publiée " (Page53).En dévoilant les fondements structurels aux gadjé tout en utilisant une forme consensuel pour les Manus (montrant son implication),l’ambivalence du positionnement de Patrick Williams est relativement critiquable. La critique est facile, juste dans la contradiction. Mais ne donne pas de jugement de valeur et mérite reflexion…Sous forme de débat ou silencieuse…A chacun de choisir !!!

Il n’en reste pas moins un ouvrage amplement intéressant, à plus d’un titre. L’imprégnation vernaculaire, l’ensemble des récits de vie sont autant d’éléments constituant un texte riche d’enseignement. Notamment, par ce jugement réflexif. Dans leur normalité, c’est nous les gadjé qui sommes marginaux. Ce texte est définitivement, comme écrit plus haut salutaire par rapport à cet ethnocentrisme latent qui existe parmi nous les gadjé. Alors continuons à ne pas en parler plutôt que de construire sa relation aux manouches sur des présupposés. Cette ouvrage en est un excellent contre et conte-exemple.

Par Michel - Publié dans : Fiche lecture
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Lundi 20 mars 2006 1 20 /03 /Mars /2006 18:10

Qu'est ce que les Michels?

Petite organisation ayant pour but d'emmettre des réflexions sur des choses et des autres. Enfin plein de trucs utiles pour tout ceux qui prendrons le soin de s'y attarder.

Par Michel - Publié dans : lesmichels
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Lundi 20 mars 2006 1 20 /03 /Mars /2006 17:06

-Etats des lieux-

 

Ce qui va suivre constitue une tentative d’analyse, forcément succincte, du triptyque sociétal actuel. Notre analyse suivra donc ce qui nous a semblé être une suite logique. L’aspect politique, l’aspect médiatique et, dominateur, l’aspect économique.

La contestation liée au CNE/CPE et plus globalement à un concept étatico-politique, est légitime à défaut d’être légal. Cette légitimité et le mouvement social nécessaire à sa valorisation ne doivent cependant pas oublier le contexte global dans lequel elle s’inscrit. Le diptyque économico-social s’inscrit en effet comme une forme médiatisée qu’est ce concept UMPiste de " l’égalité des chances ". La contestation ne doit pas faire oublier le fond dogmatique qui l’établit comme une voie de fait inéluctable.

I. Analyse du politique

En tant que terme d’apparence, " l’action politique " est significative. Action à défaut d’une construction. En effet, il est supposable que " l’état d’urgence " et les manœuvres de force tel le fameux article gaullien du 49.3 démontre l’incapacité gouvernementale d’assumer son autorité politique. Par défaut, et certainement par impuissance, notre " cher " gouvernement, plébiscité à 82%(sic), fait plutôt preuve d’autoritarisme. Cette constatation neutre, certainement pas objective, révèle l’escalade et l’incapacité gouvernementale d’assumé républicainement son dogme libéral.

II. Le fonctionnement médiatique

La politique dans la forme, l’économie (abordé ci dessous) dans l’informe, les médias déforment, conforment aux attentes de l’audimat et des supports entreprenariaux desquels ils dépendent. L’indépendance est un mythe, aujourd’hui assumé en tant que tel. Il relaie la confirmation et s’autocensure permettant " au mieux "  un certain conservatisme. Le dogme théorique d’objectivité n’est plus qu’un exercice de formation (et formatage) des points de vue. Au final qu’en est il ? Bien que rétroactif, le CSA, dont les membres sont désignés par le président de la république, distribue les " bons points " et incite au patriotisme médiatique : Corollaire de force à l’exercice de toute politique nationale. La forme pour sentimentaliser, le fond pour oublier ce qui n’est pas viable pour l’imaginaire collectif. Cette collectivisation " en temps réel " de l’instantané induit une répercussion voulue ou non, là n’est pas le propos, sur le sentiment d’imprégnation nationalo-économique au quotidien du consommateur télévisuel. Et l’information devient marketing. Ce mouvement télégénique contraste avec l’immobilisme du canapé tout en favorisant le sentiment d’adhésion, agrémenté de l’influence purement physique du tube cathodique.

Ces supports sont en tout cas un bon moyen de transmission d’idée, d’idéologies supposées dominantes. Soit une nouvelle religion d’état. Les médias écrits restent d’un commun accord dans cette logique ne différant que dans le support. En effet, d’une communication relativement passive, la lecture propose une plus grande activité critique, une forme active d’appréciation. Cependant, l’impression morale du support ne doit pas faire oublier la sélection préalable des articles qui y sont diffusés. Agence France Presse, Reuters pour les quotidiens gratuits et " sponsors " majoritaires qui induisent la pression à l’auto sélectivité. Il ne faut pas froisser le " capital risqueur " qui cautionne et supporte l’activité journalistique. La critique est facile mais le fruit d’un réel des possibles. Au final, les médias (on a oublié la radio mais le schéma est semblable) créés la dualité de forme droite/ gauche et proposent une unité de fond assurant la confirmation du pouvoir politique en place et mieux, la transition fluidifiée avec les tribus corporatistes économiques.

III. Rhétorique et méthode économique

Le système de production actuel, nouvelle religion d’état, globalisé, est mis en scène par un nouveau langage(le novlangue orwellien) nécessaire à la pose du voile d’ignorance. Prenons quelques exemples utilisés de façon redondante considérées comme " bonnes valeurs " :

    • " il faut être raisonnable ", autrement dit, accepter un état de fait, si possible en profiter ; oubliant la raison comme forme de pensée.
    • Progrès et modernité " correspondant respectivement à accumulation et concurrence.
    • Patriotisme économique " encense la globalisation tout en achetant français et en produisant des leader nationaux. Version rhétorique assumée du national libéralisme
    • La représentation nationale ", c’est la fin de l’assemblée, qui n’est plus représentative dissemblant en tous points d’une quelconque volonté populaire.  

C.P.E. et C.N.E., rentre dans la droite ligne de cette construction tendant à la manipulation. Sous prétexte de lutte pour l’emploi ils légalisent le licenciement arbitraire, niant toute possibilité de négociation entre salariés et entreprises. Car dans l’esprit de nos chers dirigeants ( de droite, de gauche, entrepreneurs et actionnaires), si les entreprises sont en concurrence entre elles à un niveau mondial, il est " juste " que les salariés le soient aussi ; diviser pour mieux régner, Machiavel toujours d’actualité.

D’autre part ces valeurs affirmées ne peuvent être remises en question : " la Croissance " ou accumulation ; le Travail considéré comme seul créateur du lien social. Voici, donc là un des paradoxes les plus fort de ce mode de production. Basé sur le principe que chacun veut son propre intérêt, et que la somme des intérêts individuels forme l’intérêt collectif (la fumeuse " main invisible " d’Adam Smith), le contrat tacite, ferment du social, est donc la guerre des individus et des groupes entre eux. Le Léviathan contre lequel l’Etat est censé se battre semble aujourd’hui légalisé par décret.

Cette guerre des individus n’est rendue acceptable que par la présence de la misère tant intellectuelle que matérielle. C’est parce que l’on voit la misère aux alentours et à la télévision que le " citoyen " se bat pour ne pas finir comme " eux ". Cependant cette misère est moralement inacceptable, ainsi par bonne conscience il faut donner un petit chèque une fois l’an si possible à Noël aux " resto du cœur " ou à l’Abbé pierre, par " solidarité ou par compassion " selon ses convictions. Une fois de plus le désengagement de l’Etat est total. La solidarité devient horizontale au lieu d’être verticale. Nous mettons en exergue ces ONG, tous les ans, alors que ces dernières étaient vouées à disparaître, leur disparition étant corrélative à celle de la pauvreté. Mais l’épée de Damoclès du " Pauvre " est, elle aussi, toujours d’actualité.

Enfin sur un plan plus global, vous êtes fier de chauffer vos masures à bas prix (donc au nucléaire), mais vous proclamant écologiste, de porter des vêtements à la mode, donc fabriqués par des enfants. Donc vous êtes fier de vivre bien grâce à la misère d’autrui.

 

Profit et actionnariat : 

Depuis 20 ans, les profits (CA moins investissement et charges) des groupes industrialo - financiers n’ont cessé d’augmenter, pourtant les salaires (et le pouvoir d’achat) n’ont pas suivi la même tendance. Où donc s’est enfuie la différence ? Chez ceux qui, sans rien produire, profitent du travail des autres en terme économique, ils sont rémunérés du risque de ne rien faire, ils investissent, si possible à court terme et font pression pour s’accaparer le surtravail du salarié (ou plus value). Or ce sont les transactions spéculatives qui forment pour grande partie le chiffre de la croissance. Est-il nécessaire de demander à qui profite cette croissance ou de préciser qu’elle ne constitue rien de matériel ? Quand l’intérêt de quelques-uns prime sur la collectivité...

 Les Michels.

 

Par Michel - Publié dans : Analyse
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